Kim Clijsters (WTA 4) est prête pour ses adieux belges. Tant bien que mal. Frappée par la grippe ce week-end, la Limbourgeoise fera le maximum pour briller une dernière fois dans l'enceinte du Sportpaleis d'Anvers cette semaine.
Tandis qu'Elena Dementieva découvrait, emmitouflée, la Métropole en calèche, elle s'est entraînée pour la première fois mardi l'espace d'une demi-heure.
Ce mercredi soir, à 19 h 30, la lauréate de l'édition 2004 des Proximus Diamond Games fera son entrée en lice avec le ferme espoir de partir en beauté.
Kim, comment vous sentez-vous à la veille de votre premier match ?
"Mieux. Je suis excitée à l'idée de jouer. Cela m'a fait du bien de taper une demi-heure dans la matinée. J'ai pu transpirer et expulser tous ces germes de mon corps. C'est toujours quelque chose à moi (sourire). Dimanche, j'étais encore dans mon lit, où j'ai suivi la Coupe Davis. J'ai dû ramener cela d'Australie, avant la fatigue et le changement de climat. Mis à part cette grippe, je me sens d'ailleurs très bien physiquement. Mais bon, je pense que le fait d'être sur le terrain et de sentir le soutien du public m'aidera à oublier tout cela."
S'il ne s'agissait pas du tournoi d'Anvers, auriez-vous tout de même joué ?
"Avec des si, vous savez... Et puis, la question ne se pose pas. C'est le tournoi d'Anvers. Il n'y a pas un poil de mon corps qui ait pu songer un instant de ne pas y participer. C'est un honneur de jouer ici."
Vous avez dit l'an dernier que s'il y avait un tournoi que vous désiriez gagner lors de votre dernière saison, c'était celui d'Anvers. Avec quel résultat serez-vous satisfaite ?
"C'est difficile à dire. J'aimerais bien gagner, c'est sûr. Ce serait formidable mais j'ai d'autres défis à relever avec mon état de santé. (Sourire.) En tennis, tout est possible. Il y a beaucoup de bonnes joueuses dans le tableau. Et puis, il s'agit de mon premier tournoi en indoor. Cela nécessite tout de mê-me certains ajustements. Je vais envisager les choses match par match et y aller pas à pas."
Réalisez-vous qu'il s'agit de votre dernière apparition, ici, à Anvers ?
"Oui, oui. Il n'y a pas de souci à ce niveau-là."
Il y aura sans doute beaucoup d'émotion. Comment allez-vous réussir à en faire abstraction ?
"Je ne sais pas ce que je vais ressentir. Je devine qu'il y aura sans doute beaucoup d'émotion au début du tournoi mais j'étais assez bien parvenue à en faire fi en Australie. A Sydney et à Melbourne, j'avais pu me concentrer sur l'essentiel, à savoir essayer de bien jouer. Ce n'est qu'une fois que tout était fini que j'ai pu me laisser aller. J'ai pris le temps d'aller manger avec quelques amis et de leur dire au revoir."
Mis à part le soutien du public, qu'est-ce que vous aimez ici à Anvers ?
"Il y a plus d'émotion ici que nulle part ailleurs. Cela fait aussi bizarre de jouer en Belgique et de loger à l'hôtel. Mais bon, lorsque j'allume la télé le soir, je suis heureuse de pouvoir regarder les chaînes flamandes. Il y a d'au- tres tournois, toutefois, où je me rends avec énormément de plaisir. Je pense à Luxembourg et à Stanford. Cela a moins à voir avec le public qu'avec l'ambiance et les infrastructures, toutes les choses, en fait, qui rendent le tennis plus facile."
Vous avez aussi laissé sous-entendre que pourriez faire l'impasse sur Roland-Garros. Qu'y a-t-il de vrai là-dedans ?
"La saison sur terre battue est toujours très éprouvante pour moi. C'est une surface très contraignante et pas idéale pour ma hanche et mon genou. Je ne prends pas suffisamment de plaisir à disputer Roland-Garros que pour hypothéquer ma dernière participation à Wimbledon et j'ai envie d'arriver parfaitement préparée à Eastbourne. On verra..."
Dites, si jamais vous deviez triompher à Anvers cette année, vous en seriez à deux victoires en quatre ans. Il vous resterait alors une chance de décrocher la raquette. Pourriez-vous, dès lors, envisager...
"Non, non. Je vois où vous voulez en venir mais je ne reviendrai pas l'an prochain."
Vous laissez donc la raquette de diamants à Amélie Mauresmo ?
"Disons que je vais tout faire pour l'en empêcher cette année. C'est vrai que c'est un beau trophée. Mais bon, si je deviens directrice du tournoi l'an prochain, il sera un peu ma propriété..." (Sourire.)